9 expositions à visiter dans le sud de la France cet été

  • ORLAN, ORLAN Manipule ses différentes effigies collées sur bois et détourées, 1981, tirage photogr., dim. variables © Adagp, Paris, 2022 ; Courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

    ORLAN, ORLAN Manipule ses différentes effigies collées sur bois et détourées, 1981, tirage photogr., dim. variables © Adagp, Paris, 2022 ; Courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

  • ORLAN, Empreinte de la bouche sur masque de calque, 1991, cibachrome sous Diassec, 110 x 160 cm, édition 1/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

    ORLAN, Empreinte de la bouche sur masque de calque, 1991, cibachrome sous Diassec, 110 x 160 cm, édition 1/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière
    ORLAN, Empreinte de la bouche sur masque de calque, 1991, cibachrome sous Diassec, 110 x 160 cm, édition 1/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

  • ORLAN, Le Baiser de l’Artiste, 1977, impression noir et blanc 200 x 129 cm, édition 1/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

    ORLAN, Le Baiser de l'Artiste, 1977, impression noir et blanc 200 x 129 cm, édition 1/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière
    ORLAN, Le Baiser de l'Artiste, 1977, impression noir et blanc 200 x 129 cm, édition 1/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

  • ORLAN, ORLAN accouche d’elle- m’aime, 1964, tirage jet d’encre, 120 x 140 cm, édition 2/5 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

    ORLAN, ORLAN accouche d'elle- m'aime, 1964, tirage jet d'encre, 120 x 140 cm, édition 2/5 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière
    ORLAN, ORLAN accouche d'elle- m'aime, 1964, tirage jet d'encre, 120 x 140 cm, édition 2/5 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

  • ORLAN, ORLAN- OÏDE, 2018, sculpture robotique en métal, sonore et animée, 2 m x 0,75 cm, installation robotique et vidéo, dim. variables © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste

    ORLAN, ORLAN- OÏDE, 2018, sculpture robotique en métal, sonore et animée, 2 m x 0,75 cm, installation robotique et vidéo, dim. variables © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste
    ORLAN, ORLAN- OÏDE, 2018, sculpture robotique en métal, sonore et animée, 2 m x 0,75 cm, installation robotique et vidéo, dim. variables © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste

  • ORLAN, Tentative pour sortir du cadre à visage découvert, 1966, photographie noir et blanc, 120 x 133 cm, édition 4/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière

    ORLAN, Tentative pour sortir du cadre à visage découvert, 1966, photographie noir et blanc, 120 x 133 cm, édition 4/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière
    ORLAN, Tentative pour sortir du cadre à visage découvert, 1966, photographie noir et blanc, 120 x 133 cm, édition 4/7 © Adagp, Paris, 2022 ; photogr. courtesy de l’artiste et Ceysson & Bénétière


1. Les mille et unes réincarnations d’ORLAN aux Abattoirs (Toulouse)

 

 

On ne présente plus ORLAN, dont l’œuvre transgressive et souvent radicale a marqué au fer rouge l’art contemporain depuis la fin du 20e siècle. Si on connaît bien aujourd’hui ses photographies mettant en scène sa réincarnation en Sainte Orlan, ou encore ses performances majeures telles que son Baiser de l’artiste, lors de laquelle la Française se faisait payer cinq francs pour embrasser les visiteurs de la FIAC de 1977, le centre d’art de Toulouse Les Abattoirs a choisi de revenir sur l’ensemble de son œuvre à travers un angle plus inédit : la sculpture. Car quelles que soient leurs formes, les propositions d’ORLAN ont toujours comme point d’ancrage le corps, qu’elle explore par sa propre incarnation, en public ou par l’image, autant que par le volume, reproduisant par exemple des autoportraits à échelle 1 sur des planches de bois avant de les porter. L’artiste repoussera par la suite les limites de la sculpture en prenant directement sa propre chair comme support de ses expérimentations, à travers ses neuf fameuses opérations chirurgicales réalisées en public au début des années 90, au cours desquelles elle se fera implanter des prothèses qu’elle arbore toujours aujourd’hui. De ses robes sans corps que la structure rigide fige dans un mouvement de drapé à son robot ORLAN-OÏDE, sculpture en métal intégrée à une installation audiovisuelle en 2018, l’artiste a continué de montrer au fil des deux dernières décennies sa capacité à s’emparer des nouvelles technologies pour pousser toujours plus loin la perception de la figure humaine. À travers une centaine d’œuvres, richement complétées par par des images, vidéos et textes d’archives, l’exposition “Manifeste ORLAN” permet de relire, à la lumière des interrogations contemporaines, l’œuvre colossale de celle qui souhait “faire de son corps un lieu de débat public”.

 

 

“Manifeste ORLAN. Corps et sculptures”, jusqu’au 28 août aux Abattoirs, Toulouse.

Ann Veronica Janssens, “Untitled” (2019). Vue de l'exposition “Ann Veronica Janssens, 5766 chemin des Trious”, Fondation CAB, Saint-Paul- de-Vence, 2022
Courtesy the artist © Ann Veronica Janssens / VG Bild-Kunst, Bonn 2022. Photo © Andrea Rossetti
Ann Veronica Janssens, “Untitled” (2019). Vue de l'exposition “Ann Veronica Janssens, 5766 chemin des Trious”, Fondation CAB, Saint-Paul- de-Vence, 2022
Courtesy the artist © Ann Veronica Janssens / VG Bild-Kunst, Bonn 2022. Photo © Andrea Rossetti

Ann Veronica Janssens, “Untitled” (2019). Vue de l’exposition “Ann Veronica Janssens, 5766 chemin des Trious”, Fondation CAB, Saint-Paul- de-Vence, 2022

Courtesy the artist © Ann Veronica Janssens / VG Bild-Kunst, Bonn 2022. Photo © Andrea Rossetti

2. Les climats immatériels d’Ann Veronica Janssens à la Collection Lambert (Avignon) et la Fondation CAB (Saint-Paul-de-Vence)

 

 

Installations lumineuses projetant dans l’espace les couleurs de l’arc-en-ciel, blocs remplis de miroirs créant des effets de trompe-l’œil, pigments en poudre bleu azur dispersés au sol ou encore plaques de verre iridescentes aux teintes changeantes selon la position du spectateur… Depuis une trentaine d’années, les œuvres d’Ann Veronica Janssens traduisent par le volume et la mise en scène du matériel la sensation de l’immatériel, jusqu’à installer dans l’espace différents climats : devant ses installations, on ressent aussi bien les changements du ciel au fil des saisons que leurs reflets sur l’architecture moderniste, qui a tant inspirée l’artiste belge lors de son enfance à Kinshasa. Alors que la sexagénaire vient d’installer un miroir monumental sous la coupole du Panthéon à Paris, elle est également à l’affiche d’une double exposition dans le sud de la France, nourrie par ses voyages entre l’Hexagone et la Belgique au cours desquels elle a pu contempler les variations du ciel et du paysage. Dans l’enceinte de la Fondation CAB à Saint-Paul-de-Vence et au premier étage de la Collection Lambert à Avignon, la plasticienne présente un aperçu des différents projets qui jalonnent sa pratique, toujours reliés par le travail de la lumière, le jeu avec des matériaux translucides, colorés voire opaques, et leurs formes d’apparence simples et épurées, avec la volonté constante de laisser leur perception varier en fonction des lieux où ils sont exposés. À Avignon par exemple, son exposition intégralement éclairée par la lumière naturelle est également l’occasion pour l’artiste d’engager un dialogue avec les fameuses œuvres en néons lumineux de la grand figure de l’art minimal Dan Flavin, exposées à l’étage en-dessous, autant que de dévoiler un pan inédit de sa recherche : la retranscription sur des plaques de verre des reflets et variations chromatiques naturelles que l’on trouve sur le plumage d’animaux comme les canards ou les insectes.

 

 

Ann Veronica Janssens, “entre le crépuscule et le ciel”, jusqu’au 9 octobre à la Collection Lambert, Avignon et 5766 chemin des Trious”, jusqu’au 11 septembre à la Fondation CAB, Saint-Paul-de-Vence.

Vue de l’exposition “Contre-Nature” au MO.CO. (2022). Photo : Nicolas Brasseur
Vue de l’exposition “Contre-Nature” au MO.CO. (2022). Photo : Nicolas Brasseur

Vue de l’exposition “Contre-Nature” au MO.CO. (2022). Photo : Nicolas Brasseur

3. Un voyage poétique au cœur vibrant de la céramique contemporaine au MO.CO (Montpellier)

 

 

Les dix dernières années l’ont confirmé : plus que jamais, la céramique a la cote dans l’art contemporain. Cette technique de sculpture en terre, longtemps dévalorisée par rapport à la sculpture “noble” de matériaux tels que le marbre ou le bronze, inspire pourtant depuis des siècles des artistes de tous horizons et de toutes générations, qui jouent avec sa grande variété d’approches et de possibilités. Si le musée d’Art moderne de la Ville de Paris mettait récemment en avant la diversité des approches et des usages de la céramique à travers une riche exposition baptisée “Les Flammes”, à la fois thématique et didactique, le MO.CO. propose de découvrir la céramique contemporaine sous un autre angle à travers un voyage davantage visuel et sensoriel, affranchi du discours verbeux ou conceptuel, parmi les pratiques de trente artistes contemporains – dont Sterling Ruby, Claire Lindner ou encore Marion Verboom – et plus de 200 œuvres. On y découvre les multiples manières, parfois très innovantes, de s’emparer cette technique naturelle et plutôt humble : pour certains, elle offre l’occasion d’un retour plastique aux origines du monde, de la nature et de la création à travers sa dimension archaïque mais également fonctionnelle, pour d’autres, elle permet davantage d’esquisser des fragments de récits fantastiques voire mystiques par la création de formes et couleurs figuratives… tout en témoignant de la multiplicité d’approches de la technique au fil de ses nombreuses étapes, entre modelage, tournage, estampage, cuisson ou encore émaillage. Présentée à la Panacée, l’exposition invite à parcourir avec fluidité trois “ambiances” principales déterminées par l’association et la mise en scène des œuvres, des plus colorées et artificielles au plus narratives en passant par les plus minérales et rocailleuses. Le tout ponctué par les interventions de trois artistes réputées pour leur approche du du médium, Marlène Mocquet, Sylvie Auvray et Anne Wenzel, qui se voient chacune offertes un espace pour présenter un projet in situ.

 

 

“Contre-nature. Une épreuve du feu”, jusqu’au 4 septembre au MO.CO Panacée, Montpellier.

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Nanda Vigo, “Trigger of the space”, Galleria Vinciana (1974) © Aldo Ballo – Archivio Nanda Vigo, Milan

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Nanda Vigo, “Ambiente Cronotopico” (1968-2021) © Fondation Sozzani

4. Le génie lumineux de Nanda Vigo au musée des Arts décoratifs et du Design (Bordeaux)

 

 

Le 16 mai 2020 s’éteignait l’artiste, architecte et designer Nanda Vigo à l’âge de 83 ans. Au fil de sa carrière remarquable, la Milanaise d’origine a déployé une œuvre pluridisciplinaire dont les formes et les projets rejoignent tous une obsession constante pour la lumière. Passée par les studios de l’architecte américain Frank Lloyd Wright, proche des artistes Lucio Fontana, Piero Manzoni et du designer Gio Ponti, la créatrice est devenue à l’aube des année 60 l’une de figures du mouvement Zero, fondé en Allemagne quelques années auparavant. Tout comme ses confrères, Nanda Vigo n’a cessé de repousser les limites de la pensée de l’espace en vue d’y proposer des expériences nouvelles, à travers la création de mobilier, de sculptures ou encore d’environnements intérieurs, témoignant à la fois de son amour pour les matériaux réfléchissants et transparents, tels que le verre et le miroir, et pour les matériaux industriels, comme l’aluminium et l’acier. Plus de deux ans après sa disparition, le musée des Arts décoratifs et du design de Bordeaux lui rend hommage en exposant bon nombre de ses créations historiques, à l’instar de ses fameuses structures géométriques traversantes perturbant la perception du spectateur à fort de reflets et néons lumineux, et en recréant des environnements immersifs qu’elle avait imaginés de son vivant, rarement restitués depuis. Réalisée avec le concours de son propre centre d’archives qu’elle avait fondé il y a près de dix ans, cette première monographie en France de Nanda Vigo met ainsi en exergue son talent et sa force d’innovation encore bien trop méconnus dans l’Hexagone.

 

 

Nanda Vigo, “L’espace intérieur”, du 7 juillet 2022 au 8 janvier 2023 au musée des Arts décoratifs

et du Design (Madd), Bordeaux.

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James Baron’s, “Peter Dodoo”, élève de yoga de M. Strong, Studio Ever Young, Jamestown, Accra (c.1955) © James Barnor

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James Barnor, “Une employée du magasin Sick Hagemeyer avec des bouteilles chimiques de chambre noire utilisées comme guide pour le laboratoire de traitement des couleurs”, Accra (c. 1970) © James Barnor

5. Entre Accra et Londres, les portraits puissants de James Barnor à LUMA-Arles

 

 

Alors que le festival incontournable de photographie Les Rencontre d’Arles donne cette semaine le coup d’envoi de sa 53e édition, il offre notamment l’occasion de découvrir dans la tour de la fondation LUMA le travail d’une des figures majeures du médium sur le continent africain : James Barnor. Basé entre Accra et Londres, deux villes entre lesquelles il a partagé sa vie et réalisé la majeure partie de son œuvre, le Ghanéen d’origine, aujourd’hui âgé de 93 ans, s’est particulièrement illustré par son art du portrait, et notamment ses clichés de la diaspora africaine installée en Europe. Pour compenser la reconnaissance très tardive d’un homme qui a pourtant inspiré de nombreux photographes du monde entier, LUMA lui consacre sa première rétrospective en France, réunissant avec sa collaboration de nombreuses images jamais exposées, réalisées entre 1947 et 1987 – soit à la fin de l’époque coloniale, dans une grande période de transition pour les nombreux Africains immigrés en Europe, en même temps qu’à l’heure de l’entrée progressive des pays et continents dans la mondialisation. Un contexte fort rappelé par la présence dans l’exposition de documents et d’archives, venant appuyer l’impact historique, social et culturel des images réalisées par James Barnor.

 

 

James Barnor, “Stories. Le portfolio 1947-1987”, à partir de 2 juillet à LUMA, Arles.

Tom Wood, “Not Miss New Brighton”, série “Mothers, Daughters, Sisters” (1978-79) © Tom Wood
Tom Wood, “Not Miss New Brighton”, série “Mothers, Daughters, Sisters” (1978-79) © Tom Wood

Tom Wood, “Not Miss New Brighton”, série “Mothers, Daughters, Sisters” (1978-79) © Tom Wood

6. Le Royaume-Uni à son époque charnière sous l’œil de Tom Wood au Centre de la Photographie de Mougins

 

 

Depuis son inauguration l’été dernier, le Centre de la photographie de Mougins propose une programmation pointue consacrée aux artistes de l’image, tantôt ponctuée d’expositions personnelles, tantôt de projet plus thématiques réunissant les pratiques de deux ou plusieurs photographes, majoritairement contemporains. En marge des Rencontres d’Arles, le lieu se concentre cet été sur l’œuvre de l’Irlandais Tom Wood, déjà mis à l’honneur par le festival de photographie il y a trois ans. Ici, cette exposition personnelle plus importante intitulée “Everyday is Saturday” permet d’apprécier, à travers des dizaines de clichés et trois séries majeures, toute la démarche d’un homme dont l’humble objectif visait à saisir la vie quotidienne au Royaume-Uni entre les années 70 et la fin des années 90, soit à une période de grandes transformations sociales et sociétale,  mais aussi de conflits majeurs intra-nationaux sous la politique du gouvernement Thatcher. Tandis que certains portraits d’ouvriers capturent la désindustrialisation progressive du pays, d’autres restituent l’énergie flamboyante des clubs du comté du Merseyside dans les années 80, ou encore témoignent de scènes plus ou moins ordinaires de la ville de Liverpool, dont les rues furent le théâtre d’un grand nombre de clichés du photographe, aujourd’hui âgé de 71 ans.

 

 

Tom Wood, “Everything is Saturday”, jusqu’au 16 octobre au Centre de la Photographie, Mougins.

Pauline Curnier Jardin, “Grotta Profunda Approfundita” (2017). Vue d’exposition “Viva Arte Viva”, 57e Biennale de Venise à l’Arsenale. Courtesy de l’artiste et d’Ellen de Bruijne Projects. Photo : © Daniele Zoico
Pauline Curnier Jardin, “Grotta Profunda Approfundita” (2017). Vue d’exposition “Viva Arte Viva”, 57e Biennale de Venise à l’Arsenale. Courtesy de l’artiste et d’Ellen de Bruijne Projects. Photo : © Daniele Zoico

Pauline Curnier Jardin, “Grotta Profunda Approfundita” (2017). Vue d’exposition “Viva Arte Viva”, 57e Biennale de Venise à l’Arsenale. Courtesy de l’artiste et d’Ellen de Bruijne Projects. Photo : © Daniele Zoico

7. Les contes plus ou moins féériques de Pauline Curnier-Jardin au CRAC Occitanie (Sète)

 

 

L’imaginaire foisonnant de Pauline Curnier Jardin est avant tout un monde dans lequel on pénètre physiquement, pour s’y voir conté des récits fantastiques multiples convoquant de nombreuses figures de notre inconscient collectif. À 42 ans, la Française à la fois plasticienne, vidéaste et performeuse envisage chaque fois ses expositions comme des expériences jalonnées de diverses histoires, plus ou moins ancrées dans le réel, à l’aide d’installations monumentales, de salles de projection dont la mise en espace compte autant que les vidéos elles-mêmes, et autres activations sonores et visuelles. Au CRAC Occitane, la plasticienne dévoile cet été l’un de ses plus ambitieux projets à ce jour, “Pour la peau de Jessica Rabbit”, inspiré par le personnage glamour de l’univers Disney. L’exposition dresse un riche éventail de sa pratique et ses territoires de recherche, avec notamment des installations in situ imaginées spécifiquement pour l’occasion : on y rencontre plusieurs processions et rituels chrétiens ou païens en vidéo, des figures historiques comme la sainte Bernadette Soubirous, des fragments de créatures monstrueuses et mains griffues géantes ou encore des travailleuses du sexe colombiennes, au centre de plusieurs films centrés sur leur quotidien. Autant de manières pour l’artiste d’interroger simultanément l’ascèse et le désir dans son propre théâtre, où réalités contemporaines, légendes et mythologies issues de différents folklores se rencontrent de manière inédite.

 

 

Pauline Curnier-Jardin, “Pour la peau de Jessica Rabbit”, jusqu’au 8 janvier 2023 au CRAC Occitanie, Sète.

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Wilfrid Almendra, vue de l’exposition “So Much Depends Upon a Red Wheel Barrow” (2020). Commissaire Cédric Fauq. Dans le cadre de Manifesta 13 / Les Parallèles du Sud. Crédit photo Aurélien Mole.

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Wilfrid Almendra, vue de l’exposition “So Much Depends Upon a Red Wheel Barrow” (2020). Commissaire Cédric Fauq. Dans le cadre de Manifesta 13 / Les Parallèles du Sud. Crédit photo Aurélien Mole.

8. Les utopies éco-radicales de Wilfrid Almendra au Frac PACA et à La Friche (Marseille)

 

 

La saison France-Portugal continue de proposer des événements et des expositions d’une grande richesse, mettant notamment en avant l’œuvre d’artistes contemporains dont la pratique témoigne de relations particulières à l’un de ces pays, voire aux deux en même temps. Wilfrid Almendra en est l’exemple même. Issu d’une famille de travailleurs portugais immigrée en France, l’artiste basé à Marseille traduit dans sa pratique les stigmates de cet héritage ouvrier à travers l’utilisation récurrente de formes et matériaux vernaculaires, notamment de récupération, pour dessiner des paysages nouveaux. Dans ses installations, des vêtements de travail, accessoires et paires de baskets figés par le moulage incarnent les fossiles d’une génération qui, quelques décennies auparavant, rêvait d’un monde meilleur. Tout comme ces sculptures hybrides, mêlant tôle, vitre et plantes pour évoquer les serres de zone néo-industrielles, incarnations à la fois de l’échec lié au changement majeur de nos modes d’existence, de sociabilité et notre rapport au travail depuis quarante ans, mais aussi de l’espoir plus optimiste d’une reconnexion de l’être humain à la nature, qui vient ici grignoter voir envahir ces structures précaires. Au Frac PACA comme à la Friche La Belle de Mai, la double exposition de l’artiste de 50 ans à Marseille permet d’appréhender sa vision réaliste mais non défaitiste de nouvelles manières d’être au monde, plus respectueuses de notre planète et des populations les plus lésées par notre système, autant que de découvrir une forme d’écologie radicale dont son art se ferait le manifeste.

 

 

Wilfrid Almendra, “Adelaïde”, jusqu’au 16 octobre à La Friche la Belle de Mai et jusqu’au 30 octobre au Frac PACA, Marseille.

Vue de l'exposition “Meme manifesto” de Clusterduck à la Villa Arson (2022) © JcLett
Vue de l'exposition “Meme manifesto” de Clusterduck à la Villa Arson (2022) © JcLett

Vue de l’exposition “Meme manifesto” de Clusterduck à la Villa Arson (2022) © JcLett

9. Des centaines de mèmes classés et cartographiés par le collectif Clusterduck à la Villa Arson (Nice)

 

 

Si le mot “mème” n’a jamais autant été utilisé que depuis ces quinze dernières années, bon nombre de personnes ot encore du mal à saisir sa signification exacte, notamment les générations n’ayant pas grandi avec internet, sa culture et son immédiateté. La définition de ce phénomène viral, passant souvent par un texte, une image, une courte vidéo – parfois les trois à la fois – et donnant lieu à de multiples déclinaisons jusqu’à atteindre parfois une visibilité internationale, peut aussi bien définir le Nyan Cat que la grenouille Pepe, en passant par des images de Barack Obama ou de Britney Spears. Depuis la démocratisation d’internet, des milliers de mèmes ont pullulé en ligne, particulièrement diffusés par des forums tels que 4chan et Reddit, au point d’influer sur la culture populaire et même s’inviter physiquement dans l’espace public. Mais comment réunir et archiver ces multiples créations, à la fois triviales, éphémères et hors des codes esthétiques traditionnels, parfois récupérées politiquement voire potentiellement vectrices de messages dangereux ? C’est là tout l’ambitieux projet du collectif Clusterduck, formé par six artistes, théoriciens et designers basés entre Berlin et Florence. Depuis plusieurs années, ces jeunes créatifs recueillent et catégorisent des centaines de mèmes pour mieux les analyser et essayer d’en extraire une forme de cohérence. Dans l’un des espaces d’exposition de la Villa Arson à Nice, leur projet intitulé “MEME MANIFESTO” se déploie sous la forme d’un mur de détective, véritable cartographie visuelle où le collectif a collé une grande partie de sa banque de mèmes en les organisant suivant des thématiques spécifiques – les plus absurdes, étranges voire effrayants d’un côté, les plus optimistes et encourageants de l’autre par exemple – avant de les relier par des cordons, comme le font les enquêteurs qui cherchent à élucider une série de meurtres. À cette installation in situ, qui n’est pas sans faire référence à l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg, répond une plateforme en ligne accessible librement, base de données interactive et dynamique permettant d’identifier, relier et mieux comprendre l’origine de ces phénomènes, que Clusterduck continue d’enrichir au fur et à mesure.

 

 

Clusterduck, “Meme manifesto”, jusqu’au 28 août à la Villa Arson, Nice.

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9 expositions à visiter dans le sud de la France cet été

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